Faire face au manque de soignants

Établissements hospitaliers prestigieux, universités de médecine renommées… Sous cette façade trompeuse, la région Île- de-France cache en réalité un désert médical qui touche principalement nos territoires périurbains.

Selon l’Observatoire régional de santé d’Île-de- France, entre 2012 et 2022, la densité de médecins généralistes a chuté de 10 % dans la région. En Île-de-France, 1,7 million de personnes vivent dans une zone sous-dotée en médecins généralistes. Et près d’un quart d’entre elles résident en Seine-et-Marne. Avec une densité de seulement 63,7 médecins généralistes pour 100 000 habitants en 2022, notre département est le moins bien doté de la région, très loin de la moyenne francilienne (89,2) et nationale (95,4).

À titre de comparaison, Paris en compte plus du double : 164,3 généralistes pour 100 000 habitants. Le manque est d’autant plus criant que la population seine-et-marnaise augmente rapidement (+ 0,8 % par an). Le problème ne se limite pas aux médecins. Infirmiers, sages-femmes, aides-soignants : tous les métiers du soin sont touchés. D’après la Fédération hospitalière de France, 2 500 postes paramédicaux étaient vacants en Île-de-France en 2023, soit un taux de vacance proche de 10 %. Cela représente 450 soignants dans notre département.

Or, ces professionnels sont indispensables à la qualité et à la continuité des soins. Sur le plan hospitalier, la situation est également tendue. L’ARS Île-de-France relevait en 2023 que plusieurshôpitaux de Seine-et-Marne, comme ceux deMeaux, Montereau ou Fontainebleau, peinaient à recruter anesthésistes, urgentistes ou pédiatres.

En Île-de-France, 1,7 million de personnes vivent dans une zone sous-dotée en médecins généralistes. Et près d’un quart d’entre elles résident en Seine-et-Marne.

Le taux de vacance des postes médicaux y dépasse parfois 25 %, fragilisant l’offre de soins, en particulier dans les services d’urgences, qui connaissent fermetures temporaires ou restrictions nocturnes. Face à ces difficultés croissantes, les collectivités locales sont souvent en première ligne pour tâcher de remédier à cette situation. Les initiatives sont variées : cabines de consultation connectées, véhicules médicalisés… Les territoires doivent désormais investir localement pour se rendre attractifs aux yeux des professionnels de santé. C’est pourquoi la ville, accompagnée par la Communauté professionnelle territoriale de santé de la Brie (CPTS), agit pour trouver des solutions. Cela passe notamment par la création de la nouvelle maison de soins Madeleine Brès, qui vient d’ouvrir ses portes.

Le manque de personnel soignants en chiffres

  • 1/3 Un français sur trois vit dans un désert médical en 2025.
  • 67 % des habitants de Seine-et-Marne ont des difficultés à obtenir un rendez-vous chez un généraliste
  • 75 médecins cessent leur activité chaque année dans notre département, pour seulement 25 nouvelles installations
  • 22 % des généralistes briards ont plus de 60 ans. Ce chiffre atteint 25 % chez les chirurgiens- dentistes et 33 % chez les orthophonistes

Catherine Cochet travaille pour l’attractivité du territoire

« Je suis la présidente de la communauté professionnelle territoriale de santé de la Brie. L’une de nos missions consiste à œuvrer pour rendre notre secteur attractif auprès des personnels soignants. Toutes les études démontrent qu’à l’issue de leurs études, les jeunes professionnels de santé s’installent en priorité dans le territoire où ils ont fait leur stage. Nous travaillons donc afin d’inciter les médecins locaux à prendre des stagiaires. Nous pouvons aussi mettre un logement ou un véhicule à disposition des étudiants. Une maison médicale comme celle de Brie fait également partie des solutions possibles, car ces lieux créent un pôle d’attractivité qui favorise l’installation des soignants, même si cela peut prendre du temps. »

La santé, un enjeu local

Des actions pour l’accès aux soins

Située rue du 19 mars 1962, derrière l’agence France Travail, la nouvelle maison médicale Madeleine Brès a été inaugurée jeudi 26 juin.

L’aboutissement d’un projet au long cours,ndestiné à améliorer l’offre de soins à Brie-Comte-Robert. Confrontée comme toute l’Île-de-Francenau manque de professionnels de santé, la villeninvestit pour attirer les praticiens. En se dotant de ce nouvel équipement, d’une surface d’environ 360 m2, Brie propose un lieu modernenet accueillant pour les patients comme pour lesnprofessionnels. Un atout qui permet d’ores et déjà d’accueillir trois cabinets infirmiers, deux pédicures-podologues, deux psychologues, une sage-femme, un ergothérapeute et un orthophoniste. Des démarches sont en cours pour compléter cette équipe avec deux médecins généralistes, un interne en médecine et un assistant médical.

Un lieu accueillant

La maison médicale a été conçue en collaboration avec l’équipe de soignants, pour mieux répondre aux besoins des professionnels. Une attention particulière a été portée à l’accessibilité, à la fonctionnalité des espaces, à l’isolation phonique et à la qualité énergétique du bâtiment. L’équipe municipale a souhaité proposer un loyer attractif, fixé à 12 € le m2, eau et électricité comprises.

La ville se mobilise

Ce projet d’envergure a été mené avec l’aide de l’Agence régionale de santé (ARS), de l’Union Régionale des professionnels de santé (URPS), de la Communauté professionnelle territoriale de santé de la Brie (CPTS) et de la SEM de la Brie française (détenue à majorité par la ville).

La Région Île-de-France y a également apporté son soutien financier. Cette maison médicale vient ainsi compléter les actions menées par la ville pour la santé des Briardes et des Briards. Brie soutient activement le don du sang (récompensée par le label Commune donneur 3 cœurs). Le Proxi’bus dépose les patients briards aux consultations de l’hôpital de Forcilles. La ville propose également des formations de la population aux premiers secours, ainsi qu’une mutuelle communale. De son côté, la Communauté de Communes de l’Orée de la Brie a défini son Contrat local de santé pour agir autour de quatre axes majeurs : l’attractivité du territoire, l’accès aux soins, la prévention, la prise en compte du vieillissement.

Une pionnière de la médecine

La nouvelle maison de soins porte le nom de Madeleine Brès. Née en 1842, elle est la première femme française docteure en médecine. Malgré les obstacles, dans un domaine réservé aux hommes, elle obtient son diplôme en 1875 et se consacre à la pédiatrie et à la santé des femmes. Interdite d’exercer à l’hôpital, elle œuvre dans les crèches et milieux populaires. Pionnière discrète, elle ouvre la voie aux femmes médecins en France. Elle meurt en 1921, laissant un héritage remarquable.

L’hôpital de Brie, un atout santé

Auparavant orienté principalement autour de la prise en charge des personnes âgées, le Centre hospitalier de Brie a adopté l’an dernier un plan d’investissement de 45 millions d’euros. D’ici 5 ans, l’hôpital prévoit la création d’une antenne d’urgences de jour, un nouveau service d’imagerie et un nouveau pôle de médecine et de rééducation.

L’hôpital de Brie en chiffres

  • 250 personnels hospitaliers dont 10 médecins
  • 33 lits de médecine polyvalente (prochainement de 60 à 80)
  • 30 lits de soins de suite et de réadaptation gériatrique
  • 197 lits d’EHPAD
  • 56 lits unité spécialisée Alzheimer
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