L’eau, un trésor à protéger

En France, l’eau coule du robinet comme une évidence.

Pourtant, cette ressource vitale n’est pas inépuisable. Le dérèglement climatique a déjà un impact important sur nos réserves en eau. Chaque été, les périodes de sécheresse se succèdent, et près de 1 000 communes ont déjà connu des ruptures temporaires d’alimentation. L’an dernier, 75 % des nappes phréatiques affichaient un niveau inférieur à la normale. Le réchauffement du climat modifie le calendrier des pluies et accentue l’évaporation. Cela peut créer des tensions entre les usages domestiques, agricoles et industriels. Selon les projections du ministère de la Transition écologique, le pays pourrait connaître jusqu’à 30 % de baisse de ses ressources disponibles d’ici 2050.

Confrontées à cette nouvelle réalité, les collectivités expérimentent déjà de nouvelles solutions comme la réutilisation des eaux usées, ou la désimperméabilisation des sols pour favoriser l’infiltration naturelle. Au-delà de la disponibilité de cette ressource naturelle, le traitement de l’eau potable constitue également un défi. Captée dans les rivières ou les nappes, l’eau doit subir une série de traitements avant d’être déclarée potable. Or, la pollution rend cette mission de plus en plus complexe. Pesticides, nitrates, résidus pharmaceutiques ou microplastiques compliquent le travail des usines.

Saviez-vous par exemple que lors du lavage en machine, les vêtements en polyester rejettent des traces de plastique dans l’eau ?

Résultat : les coûts de traitement et d’entretien augmentent. Face ces enjeux, chaque geste compte. Réparer une fuite chez soi, c’est jusqu’à 35 m³ d’eau économisés par an. Privilégier la douche au bain, récupérer l’eau de pluie pour le jardin, installer des équipements économes… Ces habitudes simples peuvent réduire la consommation domestique de 20 à 40 %. En moyenne, un Français utilise aujourd’hui 148 litres par jour, contre 165 il y a quinze ans : la prise de conscience progresse. L’eau est un bien commun, fragile et précieux, dont la préservation conditionne notre santé, notre agriculture et nos écosystèmes. Apprendre à mieux partager et à valoriser chaque goutte devient un impératif collectif.

Apprendre à mieux partager et à valoriser chaque goutte devient un impératif collectif.

L’eau dans le monde : une denrée rare et précieuse

  • 148L : consommation moyenne d’eau domestique par habitant par jour, en France
  • 875 000 kilomètres : longueur évaluée des conduites du réseau de distribution d’eau potable français
  • 50 % : environ 4 milliards de personnes, soit pratiquement la moitié de la population mondiale, subissent des conditions de fort stress hydrique au moins un mois par an.
  • 2,1 milliards : nombre de personnes ne bénéficiant pas d’un service leur garantissant une eau potable de qualité, accessible facilement. Soit une personne sur quatre dans le monde.
  • 70 % : à l’échelle mondiale, environ 70 % de l’eau douce prélevée est destinée à l’agriculture (irrigation, élevage), contre 10 % pour un usage domestique et 20 % pour l’industrie.

À Brie, le Syage protège le milieu aquatique

Valérie Olivier, Directrice générale adjointe du Syage, en charge des services techniques

« Je suis directrice générale adjointe du Syage, un syndicat mixte qui rassemble 120 communes pour la gestion de l’Yerres et de l’ensemble de ses affluents. À Brie, nous intervenons sur la prévention contre les inondations et sur la protection de la rivière et de la biodiversité. Nous étudions actuellement un projet de renaturation du ru de la Rigaude, à Villemeneux, qui s’écoule encore dans des canalisations sur une grande partie de son parcours. Nous mettons aussi en œuvre le nouveau Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE), qui vient d’être adopté en octobre par les élus de la Commission locale de l’eau. Le SAGE a pour rôle de préserver les rivières, les nappes phréatiques, la qualité et l’abondance de l’eau. Il a aussi pour objectif de protéger la faune et la flore des cours d’eau, des berges, des bois environnants. »

L’eau à Brie : de la source au robinet

Tout au long de son parcours, l’eau que nous buvons fait l’objet de toutes les attentions.

D’où vient notre eau du robinet ? Pour le savoir, rendez-vous au bord de la Seine, aux environ de Morsang-sur-Seine, dans l’Essonne.

C’est là que l’eau est prélevée, avant d’être dirigée vers l’usine de traitement, située à proximité. Elle y traverse une série de tamis de plus en plus fins, destinés à éliminer les particules en suspension. À l’usine, l’eau passe par différentes phases de filtration : d’abord par décantation, puis à travers des filtres à charbon actif. Elle rejoint ensuite les tours d’ozonation, où l’ozone agit comme un puissant désinfectant. Ce procédé élimine virus, bactéries et composés organiques responsables de goûts ou d’odeurs indésirables. Après une ultime filtration, l’eau est stockée dans un réservoir géant de 20 000 m³. Elle entame ensuite son voyage jusqu’à Brie, d’abord en descendant par gravité jusqu’à Varennes-Jarcy. Là, un puissant surpresseur la propulse jusqu’au château d’eau de Brie. À son sommet, une cuve de 800 m3 permet d’alimenter toute la ville, mais aussi les communes environnantes.

Un voyage sous surveillance

Pendant tout son parcours, l’eau fait l’objet d’une surveillance constante. À cinq kilomètres en amont du point de pompage sur la Seine, une station de contrôle veille jour et nuit sur la qualité de l’eau. Des injections régulières de chlore sont effectuées pendant son acheminement depuis l’usine de traitement. Ce désinfectant alimentaire assure la sécurité sanitaire de l’eau dans les canalisations. À Brie, c’est l’entreprise privée Suez qui est chargée du traitement des eaux potables, mais aussi des eaux usées, par délégation de service public jusque fin 2026. Une fois utilisée, l’eau repart par le réseau d’assainissement. Elle rejoint la station d’épuration de Valenton, dans le Val-de-Marne, où elle est retraitée avant de repartir à la rivière.

La qualité de l’eau, une priorité

Pour assurer la sécurité des consommateurs, de nombreux contrôles de qualité obligatoires sont réalisés sous l’autorité de l’Agence régionale de santé (ARS). Les prélèvements sont analysés par des laboratoires agréés par le ministère de la Santé. Depuis janvier dernier, les contrôles recherchent également la présence de PFAS (parfois appelés « polluants éternels »). Aucun dépassement des seuils réglementaires n’a encore été constaté sur notre secteur. Les résultats des analyses sont publics, vous pouvez les consulter sur le site du ministère de la Santé.

eaupotable.sante.gouv.fr

917 757 m3. En 2024, la consommation totale d’eau potable de la ville de Brie s’élevait à 917 757 m3, soit 131 litres par habitant par jour (moins que la moyenne nationale).

3 choses à savoir sur l’eau à Brie

Plusieurs cours d’eau

Le ru du Saule à la vielle, le ru du Tuboeuf et le ru des Écorcheries se rejoignent et forment le ru du Cornillot, qui se jette dans l’Yerres, le ru de la Rigaude coule à Villemeneux. On trouve aussi un ruisseau : la Barbançonne.

Un réseau souterrain

La ville compte 55,5 km de canalisations d’eaux pluviales, 49,4 km pour les eaux usées et 69 km pour l’eau potable.

Un rôle méconnu

Avec 173 bouches d’incendie réparties dans la ville, le réseau d’eau potable joue aussi un rôle dans notre sécurité quotidienne.

Mon mégot où il faut !

Saviez-vous qu’un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau ? À lui seul, il contient une centaine de substances nocives, voire cancérigènes, qui contaminent à la fois, l’eau, l’air et les sols. À Brie, plus de 5 000 mégots de cigarette avaient été collectés au cours de l’opération citoyenne de nettoyage de la nature, organisée en mars dernier. Face à cette pollution, la mobilisation de toutes et tous est indispensable. La ville a noué un partenariat avec l’éco-organisme Alcome, agréé par l’État. Il s’agit de réduire de 40 % le nombre de mégots jetés dans l’espace public d’ici 2027, et de favoriser leur recyclage. Mais cela ne pourra pas se faire sans vous. Ensemble, adoptons des gestes simples : n’abandonnons plus nos mégots dans la rue ou dans la nature. Des cendriers de poche sont à votre disposition gratuitement en mairie.

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